l'enfant et les sortilèges
Colette la trop sensuelle et Ravel le trop sévère ne se fréquentaient pas, mais ils s’admiraient, avaient le même regard incisif et froid sur leurs contemporains, partageaient un certain goût du scandale, celui d’une femme défiant la domination masculine pour l’une, celui d’un compositeur refusant l’héritage wagnérien pour l’autre. À eux deux, ils incarnent l’esprit des années folles durant lesquelles la gravité de l’Entre-deux-guerres favorisait une boulimie de modernité. Et puis, bien sûr, ils avaient en commun le même attachement à la mère, au paradis perdu des jeunes années, ce qui explique que, sans se rencontrer vraiment, ils trouvèrent la complicité artistique nécessaire pour créer cette oeuvre étrange et inclassable.
La version imaginée par Patrice Caurier et Moshe Leiser, habilement adaptée par le compositeur Didier Puntos, fuit le spectaculaire pour pénétrer dans le monde clos d’une chambre d’enfant, dans l’intimité de l’enfant lui-même. Son cauchemar y ravive ceux de notre enfance, l’émotion y est tangible, l’artifice y devient charnel, la sobriété y laisse apparaître, plus que le merveilleux, la beauté intérieure et mystérieuse des personnages.
durée du spectacle : 50 min sans entracte
Maurice Ravel
Formé par Gabriel Fauré, Maurice Ravel (1875-1937) s’est vite imposé en France et dans le monde par son style original, très moderne, d’un héritage complexe s’étendant de Rameau aux pionniers du jazz. Il fréquenta Chabrier, Satie, Stravinsky… Son oeuvre, parfois incomprise à son époque, est saluée aujourd’hui unanimement pour son lyrisme, sa féérie, la perfection de l’écriture et de l’instrumentation. Sur une commande de
Diaghilev, il crée aux Ballets russes en 1912
Daphnis et Chloé.
L’Enfant et les Sortilègesest l’une de ses dernières oeuvres (1925).
Patrice Caurier et Moshe Leiser
En 1983, ils réalisent leur première mise en scène
Le Songe d’une nuit d’été (Britten) à l’Opéra de Lyon. En 1984, ils sont à la Comédie-Française pour Rue de la folie-Courteline. Très rapidement, ils sont invités partout dans le monde, on les retrouve aux festivals de Spolete et de Lyon, au Théâtre des Champs-Élysées, au Welsh National Opera ou encore à Genève, Tel Aviv, Charleston, Covent Garden, Lausanne, Lyon, Glasgow… Ils ont récemment mis en scène
La Traviata (Verdi),
Madame Butterfly (Puccini),
Hamlet (Thomas),
Lucia di Lammermoor (Donizetti),
Eugène Oneguine (Tchaïkovski),
L’Aiglon (Honegger / Ibert),
La Veuve Joyeuse (Lehar),
Le Barbier de Séville (Rossini),
La Flûte enchantée (Mozart),
Le Turc en Italie (Rossini),
Mazeppa (Tchaïkovski),
L’Amour des trois Oranges (Prokofiev) et
Jenufa (Janáˇcek). Colette la trop sensuelle et Ravel le trop sévère ne se fréquentaientpas, mais ils s’admiraient, avaient le même regardincisif et froid sur leurs contemporains, partageaient un certaingoût du scandale, celui d’une femme défiant la domination masculine pour l’une, celui d’un compositeur refusantl’héritage wagnérien pour l’autre. À eux deux, ils incarnentl’esprit des années folles durant lesquelles la gravité de l’Entre-deux-guerres favorisait une boulimie de modernité. Etpuis, bien sûr, ils avaient en commun le même attachementà la mère, au paradis perdu des jeunes années, ce qui expliqueque, sans se rencontrer vraiment, ils trouvèrent la complicitéartistique nécessaire pour créer cette oeuvre étrangeet inclassable. La version imaginée par Patrice Caurier et Moshe Leiser, habilement adaptée par le compositeur Didier Puntos, fuit le spectaculaire pour pénétrer dans le monde clos d’unechambre d’enfant, dans l’intimité de l’enfant lui-même. Son cauchemar y ravive ceux de notre enfance, l’émotion y est tangible, l’artifice y devient charnel, la sobriété y laisse apparaître, plus que le merveilleux, la beauté intérieure et mystérieuse des personnages.
pour plus d'infos
présentation-analyse de l'oeuvre par Jean-Christophe Henry sur
forumopera.com
dossier sur l'oeuvre par Guillaume-Hugues Fernay sur
classiquenews.com