Claus Peymann.../Sik Sik
Claus Peymann compra un paio di pantaloni e viene a mangiare con me/Sik Sik l'artefice magico
Quel est le lien entre les intrigues du grand Burgtheater de Vienne et les ficelles usées d’un théâtre miteux des environs de Naples ? Et que peuvent bien avoir en commun les machinations de la politique culturelle en Autriche et les déboires d’un magicien de seconde zone ? Tout, nous dit Carlo Cecchi. Car ces textes brefs de Thomas Bernhard et d’Eduardo De Filippo parlent d’une même voix: quelle difficulté, affirment-ils, de donner naissance à un spectacle… Et quelle joie sans pareil de parvenir à créer l’illusion et à la maintenir. Peu importe qu’on rêve de monter tout Shakespeare en une soirée ou qu’on s’échine à faire disparaître des colombes…
Légende pétillante du théâtre italien, Carlo Cecchi est de retour à l’Athénée, où il avait déjà présenté
Six Personnages en quête d’auteur. Du magicien Sik Sik, il a l’abattage et la faconde inébranlable; de Thomas Bernhard, le regard mordant et désabusé. Avec une magnifique décontraction, il a conçu une soirée qui célèbre le plaisir du théâtre et abolit les frontières entre divertissement et intellect, entre sérieux et bouffonnerie.
Durée des spectacles :
Claus Peymann... 55min et
Sik Sik... 40 min (avec entracte)
Thomas Bernhard
Qu’il s’agisse des trois acteurs Ritter, Dene et Vos ou du comédien Minetti, Thomas Bernhard a toujours placé ses proches au coeur de ses écrits. Ici, c’est au grand metteur en scène Claus Peymann qu’il rend hommage. Malgré leurs conflits, Peymann est toujours resté un fidèle de Bernhard, qu’il a soutenu dès 1971, montant sa première pièce,
Une fête pour Boris. En 1988, il lui commande une pièce pour commémorer les cinquante ans de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne. Ce sera
Place des héros, charge ultraviolente contre l’hypocrisie autrichienne. Un énorme scandale, le dernier d’une carrière qui en compta beaucoup. Miné par la maladie, Thomas Bernhard est mort trois mois après la première.
Eduardo De Filippo
“
Rien ne semble indispensable dans son propre passé”, écrivait Eduardo De Filippo. Indiquons cependant qu’il est né en 19oo; enfant de la balle, il débute sur les planches à l’âge de quatre ans. Tout en écrivant ses premières pièces, il est figurant, régisseur, accessoiriste, finalement metteur en scène. En 1931, il fonde sa propre troupe, cultivant le grotesque et l’absurde pour échapper à la censure fasciste. Partisan enthousiaste des formes d’expression populaires, De Filippo a construit un théâtre à Naples, fondé une école de dramaturgie à Florence, s’est attaqué à l’opéra, au cinéma, a vu ses comédies montées dans le monde entier. Peu avant sa mort en 1984, il traduisait
La Tempête de Shakespeare en dialecte napolitain…
Carlo Cecchi
Marqué par le théâtre napolitain et le Living Theater, Carlo Cecchi fonde en 1971 Il Granteatro –réponse ironique au Piccolo Teatro de Strehler–, où il met en scène et interprète Brecht, Büchner, Molière, Maïakovski, Pirandello, Beckett, Shakespeare… Avec le Théâtre régional de Toscane, puis avec le Théâtre Niccolini de Florence, ou au Garibaldi à Palerme de 1996 à 2001, enfin au Teatro Stabile delle Marche, il continue d’explorer un vaste répertoire, de la farce dialectale à Harold Pinter. Directeur de troupe, acteur, metteur en scène, il est une institution du théâtre italien.