les enfants terribles
Pour Elisabeth et Paul, la vie peut se perdre au jeu, le jeu mystérieux auquel ils se livrent chaque soir dans leur chambre. Dans cette chambre mouvante, le monde tient tout entier : on y constitue un trésor jamais achevé, on s’emporte la bouche avec des écrevisses, on s’embaume dans des couvertures pour un voyage sans retour… Une carapace, où l’on vit en vase clos,
“en thermos”, et où les rêves prolifèrent comme des maladies mortelles. Quiconque se risque à y pénétrer n’en sortira pas indemne...
Une toile d’araignée soyeuse tendue par Jean Cocteau :
Les Enfants terribles, c’est
Sa Majesté des mouches dans une chambre d’enfants de la rue Montmartre.
De Jean Cocteau, Philip Glass a également mis en musique
Orphée et
La Belle et La Bête ; il a conçu ces
Enfants terribles comme un
“dance opera” pour quatre chanteurs et trois pianos électroniques. Avec la chorégraphe Yano Iatridès, sa collaboratrice de longue date, Paul Desveaux a mis en mouvement ces trajectoires fulgurantes. D’une bataille de boules de neige aux espaces infinis du rêve, les issues fatales s’échafaudent, les machinations se déclenchent, au rythme des architectures de Glass, ténues et sans limites, délicates et obstinées…
Durée du spectacle : 1h30
Jean Cocteau
“Le Paganini du violon d’Ingres” : ainsi se définissait Jean Cocteau, peintre, metteur en scène, cinéaste, décorateur, costumier, céramiste, scénariste, librettiste, romancier et poète. Sans avoir jamais composé, il a marqué l’histoire de la musique française en fédérant les talents singuliers d’Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Germaine Tailleferre, Georges Auric et Louis Durey au sein du Groupe des Six, dont il fut le mentor éclairé et le promoteur énergique. Avec ces complices, mais aussi avec Igor Stravinsky ou Erik Satie, il a fomenté, au fil de la première moitié du XXe siècle, des spectacles qui ont suscité la passion ou le scandale :
Parade, OEdipus Rex, La Voix humaine... Épris de simplicité épurée, précurseur de toutes les avant-gardes musicales… Cocteau aurait à coup sûr adoré Philip Glass…
Philip Glass
Né à Baltimore en 1937, Philip Glass apprend le violon et la flûte dès l’enfance. Il a été l’élève de Darius Milhaud puis de Nadia Boulanger. Figure majeure de la musique sérielle minimaliste, il est révélé en Europe en 1976, avec la création au Festival d’Avignon de l’opéra
Einstein on the beach, mis en scène par Bob Wilson. Son oeuvre abondante et protéiforme comprend opéras, concertos, symphonies, quatuors, musiques pour le cinéma et spectacles inclassables.
Paul Desveaux
Paul Desveaux est artiste associé au Théâtre des Deux Rives, Centre régional de Haute-Normandie. Après une formation de comédien, il a fondé, en 1997, la compagnie L’Héliotrope. Il privilégie une approche pluridisciplinaire, travaillant fréquemment en collaboration avec des compositeurs, des cinéastes et des chorégraphes. Ses deux précédents spectacles,
L’Orage d’Ostrovski (2005) et
Maintenant ils peuvent venir d’Arezki Mellal (2007) ont été présentés au Théâtre des Abbesses/Théâtre de la Ville à Paris.