riders to the sea
Sur une île au large de la côte ouest de l’Irlande, on vient de retrouver les vêtements d’un homme noyé en mer. Seraient-ils ceux de Michael, le fils de Maurya ? Son jeune frère Barney part à sa recherche sur sa jument rouge. Mais la mer est mauvaise, là-bas, près des rochers...
Épris d’épure et d’authenticité, le dramaturge irlandais John Millington Synge et le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams ont tous deux puisé leur inspiration dans les traditions et les cultures populaires. Une même approche, inusitée au tournant du XXe siècle, et deux parcours similaires, dont ces
Cavaliers de la mer sont le point de rencontre.
Dans le sombre drame de Synge, Vaughan Williams n’a pratiqué que quelques coupes très brèves, qualifiant sa partition de
“pièce mise en musique” plutôt que d’opéra. Alors que le drame enferme dans ses rets une famille de pêcheurs, se dévoile un monde de luttes, de frêles existences battues par les vents et les vagues, traversées de visions perçantes, où l’âpreté des paysages fixe les destins, où la mer emporte ce qu’elle donne, où la douleur n’apporte aucune rédemption.
John Millington Synge
Né dans une famille protestante de la classe moyenne, John Millington Synge (1871-1909) a nourri son oeuvre des légendes de l’Irlande rurale et catholique. Pendant cinq ans de longs séjours aux îles d’Aran, il emmagasine les histoires, le folklore, les sonorités de la langue gaélique, d’où il tirera l’essence de sa poésie et de ses pièces de théâtre, comme le célèbre
Baladin du monde occidental. Synge fut également l’un des fondateurs du Théâtre de l’Abbaye à Dublin, une institution où lui succèdera le dramaturge Sean O’Casey, et que fréquentera assidûment le jeune Samuel Beckett…
Ralph Vaughan Williams
Fils d’un pasteur, Ralph Vaughan Williams (1872-1958) étudie le violon, la composition, se perfectionne auprès de Max Bruch et de Maurice Ravel. À la recherche d’une essence de la musique anglaise, il sera l’un des premiers à parcourir le pays pour recueillir mélodies traditionnelles, chants de Noël et balades folkloriques. Symphonies, opéras, musiques de film, ballets, cycles de mélodies, musique religieuse… Son oeuvre sera déterminante pour une génération de compositeurs anglais, de Sir Michael Tippet à Benjamin Britten. Ses cendres reposent à l’Abbaye de Westminter, près de celles de Purcell.
Jean-Luc Tingaud
Jean-Luc Tingaud, ancien assistant de Marc Minkowski, dirige depuis 1997 l’orchestre de chambre OstinatO. En résidence à l’Athénée ou à l’Opéra Comique, ainsi que dans nombre d’opéras européens, il a dirigé des oeuvres de Mozart, Berlioz, Stravinsky, Boesmans... En 2004, il a fait ses débuts à la tête de l’English Chamber Orchestra, avec pour solistes Joshua Bell et Steven Isserlis. Il dirige ici l’Orchestre du Grand Théâtre de Reims.
Christian Gagneron
Dramaturge au Théâtre de la Monnaie et au Ballet du XXe siècle, puis assistant à l’Opéra de Nancy, Christian Gangneron a fondé l’Arcal en 1983. Dans ce cadre, il met en scène des opéras de chambre, baroques ou contemporains. Explorateur du répertoire lyrique, il a travaillé dans de nombreux opéras de France et d’Europe, où il a notamment mis en scène la trilogie Mozart-Da Ponte et
The Rake’s Progress de Stravinsky.