Athénée Théâtre Louis-Jouvet

notre actualité

Un mot de Patrice Martinet

Chères spectatrices, chers spectateurs, chers amis,

Le 11 février 1896, avait lieu à la Comédie Parisienne, aujourd’hui Théâtre de l’Athénée, la création mondiale de la Salomé d’Oscar Wilde. En l’absence de son auteur, retenu dans les geôles de Londres.

Cette pièce nouvelle faisait comme un étrange écho à la création dans le même théâtre quelques mois auparavant de la Salomé, pantomime dansée par la Loïe Fuller sur une musique de Gabriel Pierné, alors organiste de Sainte Clotilde où il avait succédé à César Franck. Une tout autre histoire !

Pour mémoire, c’est peu de temps après que Richard Strauss s’empara de l’œuvre de Wilde pour créer sa Salomé à Dresde en 1905. Et Loïe Fuller sacrifiait à nouveau au mythe, en 1907 au Théâtre des Arts à Paris, sur une musique de Florent Schmitt.

J’ai souvent pensé que l’Athénée d’aujourd’hui se devait de rendre hommage à cette figure biblique, comme à ses avatars.

Voici donc, pour terminer cette saison si particulière, qui est aussi ma dernière à la tête de ce théâtre, la Salomé que l’Athénée veut vous offrir, dans l’esprit d’indépendance qui est et restera le sien : confié au Kollektiv Hauen und Stechen, qui le créera le 25 juin sur cette scène, ce spectacle évoquera sans doute l’impertinence de l’œuvre, et témoignera peut-être d’un certain goût du risque et de la provocation qui est aussi bien ma raison d’être que la marque de fabrique de cette maison.

Parce que je ne saurais me résoudre à ne pas prendre congé des spectateurs qui tout autant que les artistes ou mes collaborateurs ont fait vivre l’Athénée pendant toutes ces saisons, puis-je me permettre de vous donner rendez-vous à l’occasion de ces quatre représentations ? À mon habitude, comme tous les soirs ou presque depuis 28 ans, je vous attendrai dans le hall du théâtre avant que le rideau se lève.

Patrice Martinet